En tant que parent d’un(e) athlète qui fait de la compétition, as-tu déjà vécu l’une de ces situations?

Il arrive que ton enfant sous-performe en match ou en compétition, car il/elle devient très nerveux(se) et il/elle a tendance à perdre ses moyens… et tu te demandes comment l’aider à surmonter son stress.

Ou peut-être que tu encourages régulièrement ton enfant, tu cherches à le/la motiver car tu voudrais qu’il/elle se fasse confiance, ou qu’il/elle soit plus concentré(e) et combatif(ve)… mais tu n’obtiens pas toujours les résultats désirés.

Ou encore, peut-être as-tu déjà pratiqué le même sport que ton enfant, et tu reconnais tout son potentiel athlétique. Tu aimerais tellement qu’il/elle performe à la hauteur de ses capacités! Mais certains blocages ralentissent sa progression… et tes conseils ne semblent pas porter fruits.

Si l’une ou l’autre de ces situations t’est familière, peut-être te demandes-tu ce que tu pourrais faire pour aider ton enfant à progresser plus rapidement et exprimer son potentiel sportif.

Dans cet article, je te donne 3 conseils pour y arriver!

La clé du dépassement de soi en sport

Lors de séances en préparation mentale individuelle, ou lorsque j’entraîne des athlètes en gymnastique ou dans le sport de l’ultimate, je reçois souvent la question suivante de la part de parents d’athlètes:

Je veux inciter mon enfant à se faire confiance et à se dépasser en sport, mais je sens que mes conseils ou mes encouragements ne produisent pas toujours l’effet recherché… qu’est-ce que je peux faire pour l’aider à performer à son plein potentiel en compétition?

Voici un premier élément de réponse.

Pour apprendre, progresser, se dépasser, surmonter les obstacles, continuer malgré les peurs, les blessures, les contre-performances, la défaite…

… l’athlète doit être très MOTIVÉ(E).

C’est la clé.

Donc, en tant que parent, avant même d’encourager ou de conseiller ton enfant par rapport à sa pratique sportive, ton rôle est d’abord de l’aider à découvrir ce qui le/la motive et ce qui l’aide à progresser!

C’est une étape qu’on oublie souvent, autant de la part des parents que des entraîneurs, parce que cela semble si évident. Bien sûr que mon enfant est motivé(e)!

De plus, on croit souvent que ce qui nous motive nous, est aussi ce qui motive notre enfant. (Mais c’est rarement le cas…)

Ce qui fait qu’on a naturellement tendance à utiliser avec notre enfant ce qui fonctionne pour nous. Et c’est la raison pour laquelle on obtient des résultats mitigés.

Pour découvrir ce qui motive ton enfant et ce qui l’aide à progresser, je t’invite à prendre un moment pour discuter avec lui/elle, quand vous êtes tous les deux réceptif(ve)s et dans un état émotionnel positif.

Débute la conversation en expliquant à ton enfant que tu souhaites le/la supporter dans son sport, et que tu veux le faire de la meilleure façon en fonction de ses préférences. Ensuite, pose des questions ouvertes et sois très attentif(ve) aux réponses.

Voici quelques exemples :

  • Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton sport? Pourquoi aimes-tu ton sport? Qu’est-ce que tu aimes le moins dans ton sport?
  • Quel est ton but cette saison? Et dans quelques années? Qu’est-ce que tu veux atteindre comme niveau, ou comme catégorie? As-tu des objectifs?
  • Qu’est-ce qui t’aide à progresser et à t’améliorer à l’entraînement?
  • Qu’est-ce que tu aimes de la compétition? Qu’est-ce que tu n’aimes pas?
  • Comment te sens-tu avant et pendant les compétitions?

Une fois que vous avez bien établi ensemble les préférences de l’athlète, ce qu’il/elle aime par rapport à son sport, ses défis et sa perspective par rapport à la compétition, tu veux maintenant exprimer ton désir de le/la soutenir dans sa pratique sportive, en fonction de ses buts, de ce qui le/la motive et de ses besoins:

  • Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider et te supporter avant, pendant, ou après tes entraînements? Qu’est-ce qui est préférable pour toi? Veux-tu que je te pose des questions? Aimes-tu quand je te donne des conseils?
  • Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider et te supporter en match ou en compétition? Qu’est-ce que je fais de bien, et qu’est-ce que je pourrais améliorer dans mes interventions?
Une question d’attitude

Lorsque tu poses des questions, il est important de demeurer ouvert(e) à toutes les réponses et de ne pas juger, ou critiquer les réponses. Tu veux demeurer neutre – même si ce n’est pas toujours facile ! Si tu deviens triste, impatient(e), déçu(e) ou critique, ton enfant le percevra rapidement et il/elle ajustera ses réponses pour te dire ce qu’il/elle croit que tu veux entendre.

Le but de cette conversation est d’écouter et d’en savoir plus sur les buts et les aspirations de ton enfant, et de lui démontrer ton support afin qu’il/elle se sente en confiance.

Lorsque l’athlète se sent en confiance, à la fois avec ses parents et ses entraîneurs, sa progression accélère grandement, et sa performance en compétition s’améliore.

Il y a quelques mois, j’ai donné ce conseil à un parent d’une jeune athlète qui sous-performait régulièrement en compétition. Sa mère, une femme d’affaires avec beaucoup de caractère, voulait l’aider et elle avait tendance à utiliser une stratégie de communication qui fonctionne pour elle : elle s’adressait à sa fille de manière directe, déterminée et assertive. Mais cela ne faisait qu’empirer la situation.

Après avoir pris le temps d’initier une conversation avec sa fille, durant laquelle elle lui a posé les questions énoncées ci-haut, la communication mère-fille liée à la pratique sportive a complètement changé. La mère de l’athlète a fait preuve d’une grande ouverture, et sa fille s’est sentie écoutée, soutenue et en sécurité.

Résultat : lors de la compétition suivante, la jeune athlète a donné sa meilleure performance depuis le début de sa carrière sportive.

Cette conversation peut être initiée avec des enfants de tous âges, avec un vocabulaire adapté. Les parents sont souvent étonnés et impressionnés de la capacité de leur enfant à reconnaître et verbaliser ses besoins, ses émotions et ses buts!

Un truc pour réduire le stress en compétition

En sport, il y a des aspects de la compétition que l’athlète peut contrôler, et des aspects qui sont hors de son contrôle.

Par exemple, les notes des juges, les décisions des arbitres, l’horaire de compétition, les décisions de l’entraîneur, le niveau des adversaires…

… sont tous des éléments qui sont hors du contrôle de l’athlète.

Le classement final – la médaille, la qualification pour un championnat – est aussi un élément que l’athlète ne peut contrôler complètement, puisqu’il ne dépend pas seulement de l’athlète, mais aussi des décisions des juges, des arbitres, de l’entraîneur et de la performance de l’adversaire.

Plus l’athlète dirige son attention vers des éléments qui sont hors de son contrôle, plus il/elle en parle, il/elle augmente ses chances de ressentir des émotions inconfortables et du stress. Ces éléments deviennent alors des distractions qui l’empêchent de donner sa meilleure performance.

En tant que parent, s’il t’arrive d’aborder un sujet qui réfère à un incontrôlable avant ou pendant les matchs ou les compétitions, ton enfant pourrait alors dévier son attention de la tâche, perdre sa concentration et ressentir du stress, de la tristesse ou de la frustration. Résultat: sa performance pourrait en être affectée.

Voici quelques exemples :

  • Si tu démontres de l’impatience parce qu’il y a du retard à l’horaire;
  • Si tu soulignes l’importance de remporter le match;
  • Si tu donnes des conseils par rapport à des erreurs passées;
  • Si tu questionnes la décision du juge ou de l’arbitre et que tu démontres de la déception;
  • Si tu mentionnes ton inquiétude par rapport à la température – trop froid, la pluie, etc.

En tant que parent, il est important d’aider l’athlète à se concentrer sur des éléments qu’il/elle peut contrôler. Lorsque ton enfant se sent anxieux(se), ou nerveux(se) avant un match ou une compétition, tu peux lui demander ce qui cause son stress. La plupart du temps, la réponse est liée à un incontrôlable.

Quand c’est le cas, tu peux aider l’athlète à ramener son attention sur des éléments qu’il/elle peut contrôler, par exemple ses pensées, ses actions, son attitude par rapport aux événements, et ses objectifs en lien avec l’exécution technique ou tactique d’un geste.

Une stratégie pour favoriser l’atteinte des buts

Si, en tant que parent, tu possèdes une bonne connaissance du sport, il est possible que tu sois tenté(e) de donner des conseils en fonction de ce que tu as observé. L’intention est tout à fait positive, toutefois, il arrive que l’athlète travaillait déjà sur d’autres objectifs spécifiques.

Pour favoriser la progression de l’athlète, il est important de te renseigner sur ses buts, pour ensuite le/la questionner à ce propos après l’entraînement. Ainsi, l’athlète sera en mesure de diriger ses efforts et son attention dans une direction précise, sans avoir à chercher à réaliser ses propres buts en plus d’avoir à répondre aux demandes à la fois de son entraîneur et de ses parents!

La différence entre motiver et mettre de la pression

Lorsqu’on veut le meilleur pour notre enfant, la ligne est parfois mince entre motiver et mettre de la pression.

En tant que parent, tu motives ton enfant lorsque tu connais ses buts et ses aspirations, et que tu te donnes comme mission de lui faire prendre conscience de son potentiel pour réaliser SES propres rêves.

À partir du moment où tu sais pourquoi ton enfant aime son sport, ce qui le/la passionne vraiment, tu peux devenir un guide pour l’accompagner dans son cheminement et l’aider à s’accomplir. C’est un processus qui demande une grande capacité d’écoute, beaucoup d’empathie et une acceptation inconditionnelle.

À l’inverse, tes conseils et tes encouragements pourraient être perçus comme de la pression lorsque tu cherches à stimuler et encourager en fonction de ce que tu crois être ses buts, ou en fonction de tes propres rêves et aspirations.

Par exemple, si ton enfant a un grand potentiel athlétique, il est possible que tu sois très exigeant(e) avec lui/elle car tu veux l’aider à atteindre le plus haut niveau possible… mais est-ce que c’est ce qu’il/elle veut vraiment?

Si, suite à une conversation durant laquelle tu as pratiqué l’écoute active, tu découvres que la réponse est non, alors il est possible que tes efforts de motivation soient perçus comme de la pression de la part de ton enfant. Et lorsque c’est le cas, on observe généralement chez l’athlète une augmentation du niveau de stress et une baisse de performance.

Quand l’athlète énonce clairement le désir de se rendre à un haut niveau, et que c’est réellement un but personnel – et non pour répondre aux attentes des autres, tes encouragements et tes conseils deviennent alors une réelle source de motivation pour lui/elle.

Lorsque tu alignes tes buts avec ceux de ton enfant, tu deviens capable de communiquer pour inspirer et motiver.

Je t’invite donc dès maintenant à lancer une discussion à cœur ouvert avec ton enfant, pour découvrir comment tu peux l’aider à exprimer son potentiel à la fois athlétique et humain à travers son sport.

À bientôt,

Guylaine

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