Après une compétition, t’arrive-t-il souvent d’être déçu(e) de ta performance, ou frustré(e) car tu sais pertinemment que tu pourrais faire mieux? Ou de sentir ta confiance s’effriter suite à une contre-performance, quand tu performes en deçà de tes attentes?

Si tu réponds oui à l’une des questions ci-haut, il est possible que tu tombes toi aussi – comme de nombreux autres athlètes – dans un piège mental qui, ultimement, te fait douter de tes capacités. Lis ce qui suit pour débusquer ce piège et te donner les moyens de rehausser ta confiance lors de ta prochaine compétition!

Le bilan post-compétition

Après chacune de tes compétitions, fais-tu un bilan? Si oui, quels sont tes critères? Sur quoi te bases-tu pour déterminer ton niveau de satisfaction par rapport à ta performance?

Lors de mes séances de coaching avec des athlètes, nous avons l’habitude de faire un bilan post-compétition, pour évaluer les points forts et ce qui doit être amélioré au niveau mental. Au fil du temps, j’ai remarqué que plusieurs athlètes avec lesquels j’interviens commettent la même erreur : l’erreur de comparaison.

Le piège de l’erreur de comparaison

Au Québec, nous avons une expression qui dit: “On ne compare pas des pommes avec des oranges”, ce qui signifie qu’il ne faut pas comparer des choses qui ne sont pas comparables.

L’erreur commise par la majorité des athlètes – et des entraîneurs – pour évaluer leur performance et déterminer s’ils sont satisfaits ou non, est de comparer la performance à l’entraînement (la pomme) avec la performance à la compétition (l’orange).

Pourquoi est-ce une erreur? Parce que les conditions mentales sont complètement différentes d’une situation à l’autre. Et comme le mental est une composante ayant un énorme impact sur la performance en compétition, il est important d’en tenir compte lors du bilan!

Voici quelques exemples.


À l’entraînement :

  • Tu évolues dans un environnement connu;
  • Il y a peu ou pas d’enjeu;
  • Le niveau de pression est faible ou inexistant;
  • Tu ressens peu de stress;
  • Les arbitres/juges sont absents;
  • Il n’y a pas de contraintes de temps;
  • Tu t’entraînes à des heures régulières;
  • Tu connais bien la route pour te rendre à ton entraînement;
  • Peu de gens te regardent lorsque tu performes.

En compétition, en saison régulière :

  • Tu évolues dans un environnement moins connu;
  • Il y a un enjeu;
  • Tu ressens la pression;
  • Tu ressens du stress ou de l’excitation;
  • Les arbitres/juges sont présents;
  • Tu as des contraintes au niveau du temps;
  • L’horaire et la durée de l’événement est variable;
  • Tu dois voyager pour te rendre au site de compétition;
  • Il y a des spectateurs et des médias.

Lors d’une compétition importante :

  • Tu évolues dans un environnement peu ou pas connu;
  • L’enjeu est élevé;
  • Le niveau de pression est élevé;
  • Tu ressens du stress, de l’excitation ou de l’anxiété;
  • Les arbitres/juges sont présents;
  • Tu as des contraintes au niveau du temps;
  • L’horaire et la durée de l’événement est variable;
  • Tu prends l’avion et il y a un décalage horaire;
  • Les spectateurs sont nombreux;
  • Les performances sont diffusées en ligne;

Vois-tu les différences?

Lorsque tu fais ton bilan, si tu compares ta performance en compétition avec ta performance à l’entraînement, à moins que tu aies réussi à reproduire exactement les mêmes conditions qu’en compétition et que tu te sois entraîné(e) souvent dans ces conditions… tu compares des pommes avec des oranges. Lorsque tu tombes dans ce piège, tu es régulièrement déçu(e) de ta performance et cela affecte rapidement ta confiance. La première étape pour bâtir ta confiance en tes capacités est de réaliser que, l’enjeu et le niveau de stress étant plus bas à l’entraînement, il arrive souvent que l’on offre une meilleure performance dans cette situation.

Une astuce pour rehausser ta confiance après une compétition

La performance en compétition peut donc être drastiquement inférieure à la performance à l’entraînement, et les causes sont souvent mentales. Si c’est ton cas, en plus de travailler sur ta confiance et la gestion de ton stress, en parallèle tu veux te donner des objectifs spécifiques et comparer ton évolution entre tes compétitions.

Après ta compétition, rappelle-toi ta compétition précédente et pose-toi les questions suivantes :

  • L’enjeu entre les deux compétitions était-il le même, ou comparable?
  • Si oui, quelles sont les différences entre ta performance d’aujourd’hui et celle de la dernière compétition?
  • As-tu fait face à des défis semblables? Si oui, lesquels?
  • Qu’as-tu amélioré d’une compétition à l’autre? Peux-tu décrire ta progression?
  • Que voudrais-tu améliorer lors de ta prochaine compétition, en fonction de tes réponses précédentes?

Dans l’image ci-bas, tu peux observer que le niveau de performance à l’entraînement de cet athlète est beaucoup plus élevé que son niveau de performance en compétition. Toutefois, tu veux aussi considérer que le niveau de performance en compétition s’améliore significativement d’une compétition à l’autre, et que la qualité de performance a doublé entre la compétition 2 et 3. En comparant les compétitions entre elles et en identifiant les points d’amélioration – ainsi que les principaux défis, tu construis ta confiance… une pierre à la fois.

Reconnaître ton point de départ pour avancer

On veut souvent aller très vite. On se dit “je suis le/la meilleur(e) à l’entraînement et je dois le prouver en compétition.” Oui c’est possible, mais le fait de le vouloir ab-so-lu-ment et de porter toute ton attention là-dessus élève la barre tellement haut que le stress devient insupportable en compétition. Et toute cette pression que tu mets sur tes épaules mène à la contre-performance.

Le secret, c’est de déterminer ton point de départ en compétition et d’avancer pas à pas en reproduisant les conditions de la compétition le plus souvent possible. C’est aussi de lâcher prise et d’accepter que ton cheminement est différent, que les leçons à tirer ne sont pas les mêmes pour chacun.

Certains athlètes éprouvent de grandes difficulté à peaufiner la technique d’un mouvement, peut-être progressent-ils très lentement au niveau des habiletés… toutefois lorsque vient le temps de compétitionner ils ont une concentration à toute épreuve et ils arrivent à tirer leur épingle du jeu en utilisant leurs meilleurs atouts. De ton côté, peut-être as-tu d’excellentes qualités athlétiques et réussis-tu à maîtriser une nouvelle habileté en un temps record, mais peut-être aussi que c’est une toute autre histoire de la présenter devant des spectateurs… chacun ses forces!

Accepter et porter un regard honnête sur ta situation, c’est un premier pas qui te permet de prendre en main ta performance et diriger tes efforts au bon endroit. Au lieu de focaliser toute ton énergie dans ta préparation physique et de passer des heures à répéter tes habiletés techniques, tu choisiras peut-être temps de passer plus de temps à identifier ce qui te déstabilise et à trouver des solutions pour te sentir en contrôle et en confiance.

Entraîne tes sources de stress

Si tu as tendance à mieux performer à l’entraînement qu’en compétition, cela ne veut pas dire que cela sera toujours le cas! Pour réduire l’écart de performance entre l’entraînement et la compétition, ta meilleure stratégie est d’identifier les éléments les plus stressants pour toi et ceux qui te distraient le plus en compétition, puis de les inclure dans ton entraînement. Plus tu t’entraînes à faire face à tes sources de stress, moins ils affectent ta performance en compétition.

En parallèle, pendant que tu bâtis ta force mentale pour la compétition, assure-toi de comparer tes performances à d’autres réalisées dans des conditions semblables. Cela te permettra d’évaluer plus précisément ta progression et de reconnaître les petits succès, une étape importante pour préserver et rehausser ta confiance tout au long du processus.

Bon entraînement !

Coaching Patreon
Séance de préparation mentale individuelle

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *