Tu viens de vivre un échauffement difficile. Tes jambes sont lourdes, tu as commis quelques erreurs, ta vitesse de réaction est plus lente qu’à l’habitude ou, à l’inverse, tu te sens suractivé(e) et tu n’arrives pas à te calmer. Ton match, ou ta compétition, débute dans quelques minutes. Tu cherches à reprendre le contrôle et à retrouver ta concentration.

Comment faire ? Voici l’arme secrète de ton cerveau et comment l’utiliser pour créer un boost de confiance en quelques minutes.

(crédit photo : Siamak Mokhtari sur Unsplash)

Performance sportive : l’arme secrète du cerveau

Plus tu actives régulièrement des émotions positives telles que la confiance et la combativité, plus tu développes la capacité d’y accéder rapidement.

Par exemple, après avoir offert ta meilleure performance lors d’une finale où tu t’es senti(e) confiant(e) et concentré(e), tu peux revenir plus rapidement à cet état d’esprit et à ce niveau de performance lors d’une autre occasion, puisque tu sais déjà comment on se sent dans cette situation.

Mais comment est-ce possible de revenir sur la bonne voie si, par exemple, tu n’as pas encore expérimenté un état d’esprit optimal suite à un échauffement qui n’était pas à la hauteur de tes attentes?

Dans ton cerveau, il existe un système conçu pour t’aider dans ce genre de situation.

Des neurones très spéciaux, [aujourd’hui reconnus comme une des clés de la performance pour les sportifs], ont été découverts par hasard en Italie. Des chercheurs étudiaient les neurones moteurs responsables d’un geste très simple chez les singes : la prise d’une cacahuète. Lorsque le singe prenait la cacahuète, les neurones s’activaient et l’influx nerveux produisait un bruit. Un jour, un chercheur a pris une cacahuète alors que le singe, immobile, regardait. Le [même] bruit s’est fait entendre. Les neurones qui s’allumaient lorsque le singe faisait le geste, s’allumaient aussi lorsque le singe observait quelqu’un faire le geste. Un neurone, deux fonctions. On venait de découvrir les neurones miroirs, une importante découverte en neuroscience.

Ce qui est vrai pour le singe, l’est aussi pour l’humain. Quand nous observons quelqu’un faire un geste, notre cerveau devient un véritable simulateur. Les systèmes neuronaux responsables du geste s’activent, même si nous demeurons totalement immobiles.

Émission Découverte – Les Neurones Miroirs, Radio-Canada, mise en ligne le 29 septembre 2009.

Dans notre cerveau, se trouvent des cellules appelées neurones miroirs. Elles s’activent lorsque nous effectuons une action ou lorsque nous regardons quelqu’un exécuter cette même action. Elles nous donnent ensuite des informations pour nous permettre de comprendre les actions et les intentions des autres.

Ce qui veut dire qu’en sport, plus tu essaies de maîtriser une action, plus ton système de neurones miroirs s’active lorsque tu observes cette action chez un(e) autre athlète.

Voici donc l’arme secrète de ton cerveau : lorsque tu observes la performance d’un(e) athlète, grâce à tes neurones miroirs, tu peux non seulement ressentir ses actions, mais tu peux également décoder ses intentions, ses émotions et son état d’esprit. Tu as le pouvoir d’entrer dans l’esprit de la personne que tu observes.

Cependant, il est important de noter que cette activation et ses effets sur ta performance dépendent de ton niveau d’expérience et de ta compréhension de l’attitude ou du geste observé. Plus tu expérimentes ce que tu observes, plus tes neurones miroirs s’activent pendant l’observation.

Un nouveau type d’entraînement pour atteindre de nouveaux sommets

Nous sommes câblés pour percevoir l’esprit d’un autre être. – Dr. Dan Siegel

Savais-tu que plus de 70% de notre communication est non verbale?

Dans sa vidéo Les Neurones Miroirs, David Lefrançois, expert en neurosciences, explique que lorsqu’on fait face à une personne, on capte plus d’informations grâce à son non-verbal qu’avec ses mots. Ainsi, si tu sais ce que tu veux et si tu concentres ton attention au bon endroit et vers les bonnes personnes, tu as la possibilité d’apprendre beaucoup plus rapidement en observant et en imitant ces personnes, plutôt qu’en ayant recours à des explications longues et complexes.

Le tennis et entraîneur mental W. Timothy Gallwey, dans son livre The Inner Game of Tennis, illustre très bien ce concept en décrivant une nouvelle stratégie d’entraînement qu’il a développée avec ses athlètes :

Ma leçon suivante ce jour-là était avec un débutant nommé Paul qui n’avait jamais tenu de raquette. J’étais déterminé à lui montrer comment jouer en utilisant le moins d’instructions possible ; je voulais garder son esprit libre et voir si cela pouvait faire une différence. J’ai donc commencé par dire à Paul que j’essayais quelque chose de nouveau : j’allais éviter les explications habituelles à propos de la prise, de la frappe de la balle et des déplacements appropriés pour le coup droit de base. Au lieu de cela, j’allais frapper moi-même dix coups droit et je voulais qu’il m’observe attentivement, sans penser à ce que je faisais, mais simplement en essayant de saisir une image visuelle du coup droit. […] Après avoir frappé dix coups droits, Paul s’est imaginé en faire autant. Puis, alors que je mettais la raquette dans sa main et que je la glissais dans la bonne prise, il me dit: ” J’ai remarqué que la première chose que tu as faite a été de bouger les pieds. ” Je restai vague dans ma réponse et lui demandai de laisser son corps imiter le coup droit aussi bien que possible.

Il a alors lancé la balle, s’est élancé vers l’arrière dans un mouvement parfait, puis il a basculé en avant et, avec une fluidité naturelle, a terminé son élan au niveau des épaules, parfait pour son premier essai! Mais je remarquai ses pieds ; ils n’avaient pas bougé depuis la position de départ, adoptée avant de prendre la raquette. Ils sont demeurés cloués au sol. Je les ai pointés du doigt et Paul a dit: ” Oh oui, je les ai oubliés ! ” Le seul élément que Paul avait essayé de mémoriser était la seule chose qu’il n’avait pas faite !

Cet exemple démontre que, même si les mots et les explications de tes entraîneurs peuvent être très utiles, il est encore plus efficace d’observer les comportements et d’imiter les athlètes qui exécutent les techniques et incarnent les comportements que tu souhaites développer dans ta pratique, sans trop réfléchir ou rationnaliser, ni essayer de mémoriser les étapes en détail.

Tu sais maintenant qu’observer des athlètes de haut niveau est un moyen, non seulement d’évoluer plus rapidement sur le plan technique, mais aussi de percevoir leur état d’esprit dans une situation donnée.

Explore ton potentiel en en explorant celui des autres

Au début de cet article, j’ai mentionné l’existence d’une technique pour créer un boost de confiance quelques minutes avant ta compétition. Pour tirer un maximum de bienfaits de cette technique, tu dois d’abord réaliser quelques étapes préparatoires.

Pour commencer, choisis un athlète de haut niveau qui, selon toi, incarne l’excellence et dégage une grande confiance. Autant que possible, choisis une personne de ta taille, de ta corpulence et qui présente des caractéristiques et forces similaires aux tiennes, avec un style que tu veux adopter ou qui correspond déjà au tien.

Observe cet(te) athlète sur vidéo ou en situation réelle. Analyse ses performances sous différents aspects :

  • Comment est son langage corporel? La façon dont il/elle se déplace, l’expression de son visage, la position de ses épaules et de son menton. Si tu regardes une vidéo, coupe le son pour te concentrer davantage sur le langage corporel.
  • Comment cet athlète s’échauffe-t-il/elle? Quel est son état d’esprit? Est-ce qu’il/elle rencontre des revers? Est-ce qu’il/elle commet des erreurs? Comment réagit-il/elle aux obstacles? Décris son attitude et ses comportements.
  • Pour aller encore plus loin dans ton analyse, pose-toi la question : comment pense-t-il/elle? Quel est sa philosophie du sport? Tu devras peut-être lire des articles ou regarder des entrevues pour répondre à cette question.
  • Comment le comportement de cet(te) athlète est-il différent du tien, en terme d’attitude? Du moment où il/elle entre sur le terrain jusqu’à ce qu’il/elle quitte, que fait-il/elle que tu ne fais pas?

Après avoir observé ton athlète, visualise-le/la. Imagine un écran vide et vois ton athlète s’échauffer, puis débuter la compétition avec calme et assurance.

Ensuite, remplace son visage par le tien. TU deviens cet(te) athlète de haut niveau, confiant(e), qui se prépare pour la compétition. TU incarnes la personne que tu as observée. Concentre-toi sur tes sensations et tes émotions. Ressens ton énergie, ton explosivité, ta nouvelle confiance, ta détermination, ton courage et ta force. Porte attention à ta manière de respirer et au ressenti de tes muscles en action. Écoute les sons autour de toi, observe ton environnement et tes coéquipiers(ères), ressens le sol sous tes pieds.

Après avoir réalisé cet exercice à quelques reprises, tu es maintenant conscient(e) des sensations et de l’état d’esprit de ton athlète, et tu as intégré différentes caractéristiques de cet(te) athlète. Tu peux maintenant recréer cette sensation lorsque tu en as besoin.

5 étapes pour un boost de confiance 3 minutes avant ta compétition

Quelques minutes avant ta compétition, si tu as besoin de retrouver ta concentration et te connecter à l’état d’esprit gagnant, exécute ces étapes :

  1. Ferme les yeux et respire profondément 4 à 5 fois. Imagine devant toi l’athlète que tu as observé(e). Puis, deviens cette personne. Adopte sa posture, sa façon de bouger, son attitude, son expression et sa façon d’aborder son sport ou, dans cet exemple, sa façon d’aborder l’échauffement.
  2. Ressens les émotions associées à la confiance en soi et à l’excellence : le calme, l’assurance, la joie, la gratitude, la compétitivité… et / ou toute autre émotion perçue chez l’athlète que tu as observé(e).
  3. Ressens les sensations physiques associées à la confiance en soi et à l’excellence : l’énergie, la détente et la relaxation, la force, l’explosivité, l’impression que tout se déroule de manière automatique et sans effort… et / ou toute autre sensation perçue chez l’athlète que tu as observé(e).
  4. Intègre les pensées liées à la confiance en soi et à l’excellence : le lâcher prise sur les attentes, la tolérance et le non-jugement, la confiance en ton entraînement et tes automatismes… et / ou dans toute autre pensée perçue chez l’athlète que tu as observé(e).
  5. Lorsque tu ressens cette confiance inébranlable, reste quelques minutes avec elle. Puis, ouvre les yeux. Il est temps d’entrer en scène.

Après ta compétition, revois mentalement ton expérience. Dans un carnet, décris ce que tu as ressenti après avoir intégré certains comportements et l’état d’esprit d’un(e) athlète de haut niveau. Où l’as-tu ressenti dans ton corps? Comment définirais-tu cette sensation? Si tu as commis une ou des erreur(s) durant l’échauffement ou la compétition, comment as-tu réagi? Y a-t-il des différences d’avec ta manière de réagir habituelle? Et comment as-tu interagi avec ton environnement, avec les autres athlètes et tes entraîneurs? As-tu remarqué des changements dans ton comportement?

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Le vrai pouvoir de la visualisation

On décrit souvent la visualisation comme un moyen de faire progresser nos habiletés techniques et d’augmenter le volume d’entraînement sans risque de blessure.

Mais cela va bien au-delà de cela. La visualisation, lorsqu’elle est utilisée pour révéler l’athlète extraordinaire que tu as le potentiel de devenir, est plus puissante que tout autre type d’entraînement.

Pratique la visualisation pour explorer différentes facettes de toi-même. Incarne les caractéristiques d’athlètes que tu honores pour leurs habiletés exceptionnelles et leur attitude gagnante. Perce les mystères de leur état d’esprit, puis agis et comporte-toi comme eux pour apprendre de leurs dons et de leurs talents. Tu ajouteras alors de nouvelles cordes à ton arc pour évoluer à la vitesse grand V sur la route de l’excellence.

Bonne pratique !

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