Aujourd’hui, je veux partager avec toi un processus de résolution de conflit avec lequel je travaille depuis quelques années. C’est un concept avancé lié au mental, que tu as certainement déjà expérimenté sans, peut-être, en être tout à fait conscient(e).

Le fait d’en prendre conscience et de pratiquer et peaufiner ta stratégie de manière régulière te donnera un plus grand pouvoir et des résultats exceptionnels en très peu de temps.

Que tu sois entraîneur ou athlète, il t’est sans doute déjà arrivé de vivre une situation conflictuelle avec quelqu’un : un entraîneur, une athlète, un collègue, une coéquipière, un ami… et de quitter cette personne sans que le conflit soit complètement résolu. Quand cela se produit, tu te sens déstabilisé(e), peut-être même submergé(e) par les émotions, tu deviens plus distrait(e), et ta performance et ton bien-être général en sont affectés.

Par exemple, l’entraînement ne se passe pas très bien, ton entraîneur n’est pas satisfait et tu sens qu’il est fâché. Vous avez une courte altercation et ta pratique se termine sans que tu aies pu exprimer ton point de vue.

Ou bien, tu discutes avec une coéquipière et, sans le vouloir, tes mots blessent ou déstabilisent la personne à qui tu t’adresses. Tu retournes à la maison sans avoir eu la chance de t’expliquer.

Et si je te disais qu’il est possible d’agir, de résoudre la majeure partie de ton conflit et de retrouver la paix d’esprit, avant même de revoir la personne concernée?

Crédit photo : Thao Le Hoang sur Unsplash

Des actions qui changent complètement la donne

Ayant un caractère plutôt fort et étant assez impulsive, j’ai vécu cette situation de nombreuses fois avec des athlètes, des entraîneurs, des amis, mon conjoint.

En tant qu’entraîneur, je suis très patiente pour enseigner, mais la patience est moins grande lorsqu’il s’agit d’un écart de discipline de la part de mes athlètes. Ce qui fait qu’il m’est arrivé souvent de perdre patience et de n’avoir pas su retrouver mon calme et discuter avec mon athlète avant la fin de l’entraînement.

J’arrivais alors chez moi le soir envahie par des émotions contradictoires. Je revoyais mentalement la situation des dizaines de fois, et j’arrivais difficilement à retrouver la paix mentale. Par-dessus tout, je ressentais un besoin urgent de m’expliquer.

Dans la vie, pour me sentir mieux j’ai besoin d’agir. Au fil du temps, j’ai donc développé certaines habitudes pour ventiler dans les moments difficiles où je me sens dans l’impossibilité d’agir. Et lorsque je mets en oeuvre mes stratégies, seule avec moi-même dans mon salon, encore aujourd’hui je suis surprise de constater… qu’à chaque fois, lorsque je me trouve à nouveau face à la personne concernée avec l’intention de m’expliquer, on arrive rapidement, presque instantanément, à un consensus. Comme si tout avait déjà été dit et compris des deux côtés. La plupart du temps, très peu de mots sont nécessaires pour s’expliquer.

Un conflit qui m’apparaissait gigantesque et presqu’insoluble était devenu, en quelques heures et sans un besoin d’explications complexes, une simple broutille. Presque de la magie!

Cela t’est-il déjà arrivé?

Avec le temps et la pratique, j’ai compris qu’il était possible d’influencer une situation conflictuelle même si je ne suis pas en contact direct avec la personne impliquée.

Rétrospectivement, en analysant mes actions ayant conduit à des résultats positifs, j’ai découvert qu’il existe des stratégies pour faire évoluer, et même régler complètement une situation problématique avec un minimum d’interactions et d’explications directes.

Sceptique?

Voici mes stratégies. Et si certaines stratégies sont nouvelles pour toi, je te lance le défi d’essayer!

4 stratégies pour résoudre tes conflits rapidement

Afin de bien illustrer mes stratégies, je te donne un exemple d’une situation que j’ai vécue en tant qu’entraîneur.

Il y a plusieurs mois, j’ai vécu un conflit avec une athlète adolescente extravertie qui aime confronter. Ce jour-là, elle n’avait pas envie de faire ce que je lui demandais et elle argumentait sur tout. J’étais fatiguée et mon intervention fut très directe. Avec le recul, je savais que j’avais eu raison d’intervenir, toutefois j’étais consciente que j’avais manqué de tact et que mes explications n’étaient pas aussi claires qu’elles auraient pu l’être. Nous ne nous sommes pratiquement plus parlées jusqu’à la fin de l’entraînement. Moi j’étais fâchée, et elle… boudait.

Après l’entraînement, lorsque je suis rentrée à la maison, j’étais encore en colère mais aussi assez déçue de ma manière d’intervenir. Cela m’avait pris plusieurs mois pour établir un lien de confiance avec cette athlète et j’espérais le maintenir.

Ma recette?

Agir.

Voici ce que j’ai fait :

Stratégie 1

J’ai d’abord clarifié mes émotions. Qu’est-ce que je ressentais? De la colère, car j’avais l’impression qu’on avait testé mes limites, qu’on avait abusé de ma tolérance et de ma compréhension. De la déception, parce que je m’étais emportée rapidement. J’aurais pu prendre le temps de mieux saisir la situation avant d’interagir. De l’empathie, parce que je sais que l’adolescence n’est pas une période facile et je veux soutenir les athlètes qui traversent cette période. J’avais un peu l’impression de ne pas avoir été à la hauteur.

Stratégie 2

J’ai ensuite pris un crayon et mon carnet et je me suis mise à l’écriture. Pour aller encore plus loin dans la compréhension de mes émotions, je les ai couchées sur papier et bien décortiquées. Pendant 15 minutes, j’ai écrit tout ce qui venait sans me censurer, sans trop réfléchir et tout analyser. J’ai fait quelques découvertes sur moi-même et quelques idées lumineuses en sont ressorties.

Stratégie 3

Selon moi, cette stratégie est la plus importante – et aussi la moins utilisée! Personnellement, j’utilise cette stratégie régulièrement, que ce soit pour me préparer à un événement important ou pour résoudre un conflit.

Après avoir fait le tour de mes émotions, je me suis exprimée à haute voix, seule dans mon salon. J’ai parlé à mon athlète, comme si elle était devant moi. J’ai d’abord manifesté ma colère. Je lui ai dit où, quand et comment elle avait outrepassé mes limites. Je lui ai parlé de mes valeurs, comme l’écoute, le respect, la communication et la discipline. Au fur et à mesure que je vidais mon sac, je comprenais de mieux en mieux ce qui avait déclenché mes émotions, et je sentais alors ma colère diminuer. J’ai retrouvé peu à peu un apaisement et un équilibre. J’ai alors présenté mes excuses pour mon comportement. Je me suis rendue vulnérable en expliquant à mon athlète que ma patience était minime ce jour-là et que j’étais fatiguée. Je lui ai dit que je n’étais pas parfaite, et que j’aurais aimé intervenir différemment.

Stratégie 4

Une fois mes émotions clarifiées et exprimées, j’ai pris un engagement envers moi-même et envers le type de relation que je souhaitais entretenir avec mon athlète. J’ai établi clairement mes intentions et mes limites, ce que je veux et ce que je ne veux pas. J’ai identifié à nouveau mes valeurs et j’ai réitéré l’importance de chacune d’entre elles, ainsi que la manière dont je veux les vivre et les faire vivre. J’ai posé un cadre dans lequel je souhaitais faire évoluer la relation avec mon athlète.

Qu’est-il arrivé le lendemain? J’ai rencontré mon athlète, et d’emblée elle s’est excusée – ce qui arrive très rarement! Elle avait déjà fait un cheminement et sa réflexion était allée dans le même sens que la mienne. J’ai à peine eu besoin de lui expliquer ce sur quoi j’avais médité la veille, peu de mots ont été nécessaires. Le travail de communication était déjà fait dans les deux sens.

As-tu déjà vécu cette situation?

Personnellement, je l’ai vécue et gérée de cette manière plusieurs fois, et chaque fois j’ai obtenu un résultat semblable. Et ça continue de m’émerveiller.

J’ai appris qu’on pouvait agir sur notre environnement en clarifiant et en transformant ce qui se trouve à l’intérieur de soi. J’ai appris que la résolution d’un conflit relationnel passe non seulement par la communication, mais aussi par l’analyse et la compréhension de nos émotions, ce qui nous permet ensuite d’adopter une nouvelle perspective. Ce processus nous permet d’énoncer ensuite clairement nos intentions et d’avoir un impact direct sur notre réalité, qui n’est, au final, qu’un miroir de notre vision interne du monde.

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Les 4E pour des relations harmonieuses

Voici, en résumé, les 4E pour résoudre rapidement tes conflits, pour donner et recevoir davantage de soutien en sport et pour bâtir des relations harmonieuses :

  1. Émotions. Identifie les émotions qui te submergent.
  2. Écriture. Note tout ce qui te vient à l’esprit afin de bien comprendre les enjeux.
  3. Expression. Imagine que la personne est devant toi et parle-lui jusqu’à ce que tu sentes que tu as bien exprimé le fond de ta pensée et que tu te sentes plus en paix.
  4. Engagement. Prends un engagement envers toi-même et choisis le type de relation que tu veux entretenir. Identifie tes valeurs, ce que tu veux et ce que tu ne veux plus dans ta vie. Établis le cadre de la relation et visualise-le clairement.

Il est possible que tu te sentes plus à l’aise avec l’une ou l’autre de ces quatre stratégies.

Mais plus tu pratiqueras l’ensemble des stratégies, plus tu résoudras rapidement tes conflits, de manière franche, honnête et centrée sur tes valeurs. Tes relations deviendront alors de plus en plus harmonieuses et authentiques.

Bonne réflexion,

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