Dans mon coaching, j’ai remarqué que les athlètes qui avaient une plus grande capacité à discipliner leurs pensées géraient leur stress de manière beaucoup plus efficace. Au fil du temps, j’ai donc développé des stratégies pour enseigner la discipline mentale chez mes athlètes. Plus un athlète s’entraîne à focaliser son attention au bon endroit, plus il se sent en contrôle et prêt à faire face à toute situation.

Discipliner les pensées… ça veut dire quoi? C’est prendre conscience rapidement de l’effet de certaines pensées sur notre état d’esprit et notre performance. Et c’est s’engager à porter davantage d’attention à certaines pensées, et moins d’attention à d’autres.

Par exemple :

  • Accorder beaucoup d’importance et porter trop d’attention à des éléments sur lesquels on n’a pas de contrôle n’est pas utile à la performance. Cela peut devenir une distraction majeure qui nous détourne de nos objectifs et des éléments sur lesquels on a le plein contrôle.
  • Porter beaucoup d’attention à un problème, en répétant continuellement (mentalement ou verbalement) qu’on a un problème, réduit la quantité d’attention et d’énergie consacrée aux solutions possibles.

Durant les entraînements, j’encourage les athlètes à prendre conscience de leur niveau de contrôle sur différentes situations, et des moments où ils ont tendance à s’enfoncer dans les problèmes, pour les guider vers la recherche de solutions et leur permettre ainsi de développer une plus grande résilience.

Je n’accepte pas que les athlètes se complaisent dans une attitude de bourreau – une colère dirigée vers autrui ou le désir d’exercer un pouvoir sur autrui… ni qu’ils adoptent une attitude de victime – une colère dirigée vers soi ou le sentiment de devoir donner son pouvoir à autrui.

Lorsqu’un athlète adopte l’une ou l’autre de ces attitudes, je le questionne pour l’aider à reconnaître l’émotion qui surgit, à y faire face et à la décoder.

(Crédit photo : Thao Le Hoang sur Unsplash)

Une émotion, c’est une boussole.

Une boussole m’indique si je suis sur la bonne voie ou non, par rapport à mes valeurs et mon grand but. Lorsque je ressens une émotion que je perçois comme négative, elle m’indique un inconfort par rapport à une situation. En observant l’émotion plus attentivement, je me donne un moyen de la décoder et d’apprendre quelque chose sur moi. Je suis alors en mesure de trouver une solution.

Chaque fois qu’un athlète entre dans la zone de panique ou de frustration (lire Confiance en soi : 4 conseils pour sortir de la zone de panique), lorsqu’il se laisse envahir par la peur, l’embarras, le stress ou la colère, je réagis rapidement. Je questionne, je confronte parfois… mais chaque fois, je pousse l’athlète à analyser sa situation, à découvrir ce qui cause réellement l’émotion et à se focaliser ensuite sur les solutions.

Pour une gymnaste qui ressent la peur d’exécuter un mouvement de haute difficulté sur la poutre, je l’aide à reconnaître la peur, à l’accepter (sans la juger ou se sentir diminuée par elle), et je l’encourage à proposer une étape intermédiaire qui réduira son stress et donc lui permettra de retrouver la motivation nécessaire pour avancer.

Pour un joueur d’ultimate qui ressent de la frustration face aux erreurs commises par ses coéquipiers, je le pousse à reconnaître la frustration et à réaliser ce qu’elle représente pour lui. Par exemple, sa frustration pourrait être liée à une impression que les autres ne mettent pas autant d’efforts que lui. Je l’invite alors à reconnaître les efforts de chacun, et aussi à reconnaître qu’ils pourraient exister sous une autre forme que celle attendue. Enfin, je l’encourage à se donner un objectif sur lequel il a le plein contrôle – comme de donner l’exemple en demeurant concentré sur le match, ce qui lui permettra d’offrir une performance constante.

Je crois que chacun choisis sa propre perspective sur les événements qui se déroulent dans sa vie.

Nous avons toujours le choix :

  • de nous complaire dans la frustration, le stress ou la peur ;
  • ou d’analyser notre situation, de rechercher activement des solutions et d’agir.

L’athlète se sent stressé lorsqu’il doute d’avoir les moyens, les outils ou les compétences pour atteindre ses buts, ou répondre aux attentes d’autrui.

La gymnaste doute d’avoir les capacités requises pour réaliser son mouvement sur la poutre. Le joueur d’ultimate croit que pour gagner le match, ses coéquipiers devraient être plus concentrés et redoubler d’efforts. Il doute donc d’avoir les moyens pour arriver à son but – la victoire.

Au début du processus, je guide l’athlète de la manière suivante :

  • Je l’encourage à reconnaître sa colère, son stress ou ses peurs, à les exprimer et à les décoder ;
  • Je l’aide à découvrir les différentes manières d’aborder la situation et à déconstruire ses croyances limitantes ;
  • Je l’invite à explorer différentes solutions, sans former de jugement sur ses émotions ou le type de solution.

Une gymnaste qui vit des peurs pourrait passer beaucoup de temps à se critiquer. Elle pourrait ne pas vouloir explorer certaines solutions (ex. revenir à l’étape précédente, ou à un exercice plus simple) parce qu’elle pourrait les juger comme étant trop faciles ou non appropriées par rapport à son niveau. Ce sont des croyances limitantes. Pour revenir dans la zone de performance et accélérer le développement, il est crucial d’encourager l’acceptation de soi et le non jugement chez l’athlète.

Un joueur d’ultimate qui ressent de la frustration face aux erreurs commises par ses coéquipiers pourrait se dire qu’il est impossible de gagner le match si ses coéquipiers ne redoublent pas d’efforts dans le sens attendu. Il pourrait aussi croire qu’il anormal « d’accepter » les erreurs d’autrui et que l’on DOIT avoir des attentes élevées si l’on veut performer à un haut niveau. Ce sont des croyances limitantes. Dans ces moments, l’athlète n’a pas conscience de l’impact de sa frustration sur sa propre performance, et de l’impact de son attitude sur la performance de son équipe. Il croit que la seule solution est d’exprimer sa colère et de rehausser son niveau d’exigence, alors que de lâcher prise et canaliser différemment l’énergie déployée pourrait avoir des effets beaucoup plus extraordinaires et bénéfiques.

Avec les athlètes, le processus s’enclenche parfois lentement, parfois plus rapidement, mais chaque fois je cherche à être un mentor. L’athlète doit devenir responsable d’entraîner sa discipline mentale, je ne peux jamais être celle qui donne toutes les solutions. La vitesse du processus dépend donc de la capacité de l’athlète à identifier ses émotions, et à comprendre l’importance de focaliser son attention vers les solutions et les éléments qu’il contrôle.

Ultimement, je veux rendre l’athlète autonome dans l’analyse de sa situation et dans sa recherche de solution. Je veux que mes athlètes réalisent qu’ils ne sont pas des victimes, que la colère dirigée vers autrui est souvent un reflet de nos croyances, et des exigences et des limites que l’on s’impose à soi, et que chacun a toujours le pouvoir de créer sa réalité.

Pour d’autres trucs sur le coaching et la gestion du stress, clique ci-bas pour lire les articles de la série Gestion du stress : 7 conseils pour les entraîneurs :

Bon coaching!

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