En sport, athlètes et entraîneurs sont constamment appelés à analyser des situations, des comportements, des gestes techniques, puis à résoudre des problèmes pour faire progresser la performance. Ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui arrivent à identifier très précisément une problématique – la nature d’une erreur technique, le moment précis où un match bascule, les circonstances qui ont mené à un certain comportement – et à trouver la solution la plus efficace pour y remédier. Pour y arriver, cela demande une grande capacité d’analyse de soi et de l’environnement, combiné à la pensée créative qui entraîne une transformation de la perspective pour ensuite générer des idées inédites.

Lorsque vient le temps de résoudre un problème, j’ai remarqué que la plupart des athlètes et entraîneurs ont tendance à évaluer la situation de façon très sommaire. On saute rapidement aux conclusions et on apporte très tôt des solutions. Rares sont ceux qui arrivent à explorer les diverses facettes de la situation. On introduit ce nouvel exercice, ou encore cet outil mental qui semble prometteur, que tout le monde utilise et dont tout le monde parle… sans vraiment savoir s’il va régler NOTRE problème. Et quand ça ne fonctionne pas, on cherche un autre truc ou un meilleur exercice. Ou encore, on agit de façon automatique, c’est-à-dire qu’on répète les mêmes exercices, les mêmes actions, les mêmes mots (dans le cas de l’entraîneur), en espérant obtenir un résultat différent de ce qu’on a pu observer dans le passé.

Que pourrait-on faire pour devenir plus efficace dans la résolution de nos problématiques, qu’elles se situent au niveau mental, technique ou stratégique? La majorité du temps, on découvre la solution en transformant notre perspective, et en développant une meilleure compréhension de la problématique. Lorsque j’interviens avec un athlète ou un entraîneur dans le domaine du coaching, du leadership ou de la préparation mentale, chaque fois je demande de décrire encore et encore les éléments qui composent la situation. Pour une conversation de 30 minutes, il arrive fréquemment que je questionne la personne durant près de 20 minutes. Lorsque tout devient clair et limpide, alors la solution se présente à nous très naturellement.

L’habileté mentale à développer en priorité en sport… et dans la vie

La première habileté mentale à développer en sport est donc, selon moi, la (pleine) conscience de soi et de l’environnement. Elle aide l’athlète ou l’entraîneur à explorer tous les aspects d’une situation donnée pour en dépeindre un portrait plus juste. La pleine conscience nous fait sortir de notre “bulle”, celle qu’on a toujours connue, elle nous libère de nos automatismes, de nos conditionnements pour nous permettre d’accéder à des solutions innovantes.

Le concept de pleine conscience (ou Mindfulness) est de plus en plus en vogue dans le milieu sportif, mais il reste encore flou pour la majorité des gens. Pourtant, c’est un outil très puissant qui, une fois atteint un certain niveau de maîtrise, entraîne l’athlète et l’entraîneur à prendre une toute nouvelle voie sur laquelle la performance n’a plus de limite.

L’impact de la pleine conscience sur ma performance

Être pleinement conscient, ça veut simplement dire arriver à observer et décoder nos manières d’être et d’agir. C’est ce qui nous permet d’évoluer vers de nouveaux comportements plus adaptés pour mieux performer. Cela implique d’apprendre à être attentif à nous-même et à l’environnement, d’observer ce qui se passe ici et maintenant, dans le corps (sensations physiques, émotions, pensées) et autour de soi. C’est pourquoi la pleine conscience est reliée au moment présent et à tout ce qui l’entoure.

Je ne suis plus dans la pleine conscience, quand par exemple je conduis ma voiture un jour de congé, et qu’alors que je suis perdue dans mes pensées, j’emprunte par erreur la route qui mène vers mon travail… Dans cette situation, j’ai cessé d’ëtre attentive à mon environnement et à mes actions pour focaliser mon attention uniquement sur mes pensées. En sport, lorsque je répète des dizaines de fois le même geste technique, il est possible qu’à un certain moment j’enclenche le “pilote automatique”, que je plonge dans mes pensées et que je ne sois plus consciente de mes actions. Lorsque cela se produit, soit j’observe une diminution de la qualité de ma performance, ou encore un ralentissement de ma progression technique.

La pensée peut voyager dans le temps. Imaginer le futur et ressasser le passé. Quand je regrette le passé ou que j’élabore des scénarios catastrophe, cela entraîne des émotions qui affectent directement ma performance (peur, stress, tristesse). Lorsque la pensée voyage dans le temps, tu n’est plus conscient de ton environnement immédiat, de tes sensations physiques et de tes émotions, alors que ceux-ci sont des indices, des messages qui pourraient donner lieu à de nouvelles pensées créatives pour t’aider à agir dans le moment présent. Dans mon podcast 3 façons d’utiliser le mental pour accélérer ta progression, je te donne trois indices pour reconnaître les moments où il est important de te libérer du mental et de tes pensées, et trois façons d’utiliser le mental pour accélérer ton apprentissage.

Visualiser pour m’entraîner à la pleine conscience

La visualisation pourrait être vue comme un outil qui m’incite à voyager dans le futur. Cependant, je peux aussi la considérer comme une activité qui me donne les moyens de m’entraîner à porter mon attention sur mon environnement, prendre conscience de mes pensées, sensations et émotions selon les situations rencontrées en compétition. En reconnaissant de quelle façon tout cela affecte ma performance, je peux m’entraîner à adopter de nouveaux comportements, et cesser de répéter les réactions habituelles qui ne me servent pas. Tout cela, sans avoir à répéter plusieurs fois dans la réalité, ce qui impliquerait un haut volume d’entraînement et entraînerait une grande fatigue physique.

L’intention de visualisation fait toute la différence. Si je visualise avec l’intention de prendre conscience de ce qui se présente à moi – à l’intérieur et à l’extérieur de moi, dans le but de développer un certain détachement pour agir de la meilleure façon possible, alors je pratique la pleine conscience. Toutefois, si dans ma visualisation j’anticipe le futur sans effort de détachement, en m’impliquant émotionnellement comme si c’était déjà présent dans ma réalité – si j’y crois beaucoup, que je vis du stress et que je me laisse envahir, alors ma conscience devient plus limitée.

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Des trucs pour devenir plus conscient

Que pourrais-tu faire pour développer une plus grande conscience de toi-même et de ton environnement et ainsi résoudre tes problématiques plus rapidement? Focaliser ton attention sur ta respiration, développer des techniques de relaxation, méditer ou pratiquer une activité méditative, sont tous des moyens de désactiver ton “pilote automatique”. Dans mon podcast Résilience : revenir en force après un échauffement difficile, j’explique comment j’ai utilisé la pleine conscience en tant qu’entraîneur pour aider mon athlète à ressortir gagnante d’une telle situation en compétition.

La pleine conscience est une manière d’être et une façon d’appréhender le monde. Dans mon ebook sur la pleine conscience, je décris 5 attitudes qui favorisent une plus grande conscience de soi et de l’environnement :

  1. Observe (tes manières d’agir et de penser, et ton environnement)
  2. Savoure (en utilisant tes 5 sens)
  3. Transforme (ta perspective)
  4. Plonge (permets-toi de suivre tes passions et tes désirs)
  5. Accepte (lâche prise!)

Chacune de ces attitudes est une étape qui mène vers une plus grande liberté d’esprit. As-tu déjà remarqué que plus tu te sens libre, détaché des évènements, affranchi de toute contrainte, plus ta performance atteint des sommets? Tu voles, le temps n’a plus d’emprise sur toi et tu fais exactement la bonne action au bon moment. Et c’est à ce moment que tu réalises que tu es entré dans la zone.

L’un des plus grands paradoxes de la vie est qu’un avenir brillant dépend de ta capacité à porter attention au présent.

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1 réflexion sur “L’habileté mentale à développer en priorité en sport… et dans ta vie”

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