Tu t’entraînes depuis plusieurs mois et tu te présentes prêt et confiant au camp de sélection. Tu es plutôt satisfait de tes performances, il ne reste plus qu’à attendre le verdict final. Qui tombe comme un couperet : tu n’es pas sélectionné sur l’équipe. Tu vois ta saison s’écrouler devant toi, le monde s’arrête. Comment faire pour te faire confiance et continuer à avancer?

Deviens ton meilleur ami

Tout d’abord, sache que c’est complètement normal de vivre des émotions difficiles par rapport à ta situation. Prends le temps de faire ton deuil. Nier et vouloir passer rapidement à autre chose ne fera que retarder le moment de l’explosion.

Prends une grande respiration, sois courageux et regarde la situation en face. Comment te sens-tu? Prends le temps d’identifier les émotions qui surgissent. Deviens ton meilleur ami et fais preuve de compassion envers toi-même. Si la situation arrivait à un être cher, comment lui parlerais-tu? Que lui dirais-tu? Écris dans un cahier, ou parle-toi à voix haute, comme si tu parlais à ton ami. Dis-lui combien tu le comprends, que tu sais à quel point cela lui tenait à cœur et que c’est normal de se sentir un peu perdu en ce moment.

Sois bienveillant

La compassion envers soi, ou l’autocompassion, est une habileté mentale essentielle pour arriver à surmonter les épreuves difficiles. Elle comprend 3 volets : la pleine conscience, la bienveillance et la connexion.

  1. Pleine conscience : Reconnaître tes pensées et tes émotions sans te juger, ou sans réagir de manière disproportionnée.
  2. Bienveillance : Faire preuve de soutien et de compréhension envers toi-même lorsque tu vis des épreuves, au lieu de te critiquer durement.
  3. Connexion : Prendre le temps de te rappeler que tous les êtres humains font des erreurs et vivent des situations difficiles à certains moments de leur vie. Tu n’es pas seul.

Être bienveillant envers soi-même, c’est aussi prendre le temps d’éprouver de la fierté pour le courage dont tu as fait preuve en participant à un camp de sélection, en sachant que le résultat était hors de ton contrôle. Plusieurs athlètes n’osent pas se présenter de peur d’être refusés.

En tant qu’entraîneur, je suis toujours très impressionnée lorsque je vois des athlètes participer à un camp de sélection année après année, après avoir essuyé plusieurs refus par le passé. Ces athlètes démontrent un grand courage. Il y a deux ans, le Royal, équipe d’ultimate semi-professionnelle, était dans une transition et incluait de plus en plus de jeunes joueurs sur son alignement. Cette année-là, chaque joueur vétéran qui s’est présenté aux essais savait que ses chances étaient réduites de faire l’équipe. Pourtant, plusieurs ont foncé jusqu’au bout. J’ai éprouvé beaucoup d’admiration pour ces athlètes.

Un vrai casse-tête

Un camp de sélection, c’est comme un casse-tête. Pour le compléter, les sélecteurs recherchent diverses habiletés et certains types de personnalité. Chaque pièce – représentée par un joueur – doit s’emboîter parfaitement pour arriver au meilleur résultat possible en compétition.

Le défi, c’est que chaque joueur qui se présente au camp provient initialement de différents casse-têtes. Même si les pièces ne présentent pas toutes la même image, certaines pièces ont la même fonction. En poursuivant l’analogie, si tu es un athlète qu’on représente par une pièce de coin du casse-tête, il est possible que cette pièce existe déjà au sein de l’équipe, et que tu ne sois donc pas sélectionné… pas parce que tu n’as pas le talent requis, mais simplement parce qu’il y a déjà une pièce qui remplit la même fonction que toi. L’issue du camp – être sélectionné ou non – ne reflète donc pas uniquement ta performance… et cela n’est en aucun cas une appréciation de ta valeur d’athlète et d’être humain.

Choisis tes batailles

Tu sais déjà que la décision finale des sélecteurs est hors de ton contrôle. Ce qui fait que même si c’est frustrant, une fois que tu t’es permis d’identifier et de ressentir tes émotions, tu dois ensuite choisir comment tu vas gérer tes pensées :

  • Vas-tu dépenser temps et énergie à te comparer à ceux qui ont été sélectionnés, à focaliser ton attention sur ta colère et ton sentiment d’injustice, et à critiquer les décisions des sélecteurs?
  • Ou vas-tu plutôt utiliser temps et énergie pour analyser ton camp, tirer les leçons appropriées et te donner de nouveaux objectifs?

Rappelle-toi le processus

Lorsque tu choisis d’avancer, l’étape suivante est d’analyser ta préparation et ton camp, puis d’en identifier les points forts. Pour y arriver, rappelle-toi les objectifs de processus que tu t’étais donnés avant ton camp de sélection, puis fais un bilan de ce qui a été atteint.

Les objectifs de processus ne dépendent que de toi, et non de la performance de ton équipe ou de tes coéquipiers. Ils sont centrés sur l’exécution d’un élément technique ou tactique. Par exemple, cela peut être le perfectionnement d’un type de lancer ou d’un type de tracé, ou encore cela peut être lié au positionnement défensif ou à la prise de décision.

Il est facile d’oublier ce que l’on a acquis quand le résultat n’est pas celui qu’on attendait. Prends le temps d’identifier tes succès et tu établira alors un portrait plus positif et réaliste de la situation.

Gravis la montagne

Durant ta carrière sportive, un jour où l’autre tu rencontreras des obstacles. Chaque fois que cela se produit, tu peux apprendre à transformer ta perspective en visualisant une route en montagne, comme sur l’image ci-bas. Le point de départ (A), au pied de la montagne, représente là où tu te trouves aujourd’hui. Le point d’arrivée (B), au sommet de la montagne, représente ton grand but, ton objectif ultime.

Quand tu imagines la route vers ton objectif, il est possible que tu la voies comme un tracé qui va tout droit devant toi. Mais en réalité, ta carrière sportive est plutôt comme la route vers le sommet de la montagne : on y trouve de nombreux détours et on y rencontre toutes sortes de péripéties. Les formes de couleur sur la route symbolisent des obstacles, des succès, des échecs, des blessures, des plateaux où tu stagnes et où tu as l’impression que tu n’avances plus.

À chaque fois que tu rencontres une des formes sur la route, pose-toi la question : après avoir franchi l’obstacle, seras-tu plus près ou plus loin de ton grand but?

Lorsqu’on observe l’image, la réponse est claire : tu te rapproches TOUJOURS de ton but, chaque fois que tu franchis un obstacle, un échec ou que tu vis n’importe quelle aventure, qu’elle soit bonne ou moins bonne. Pourquoi ? Parce que chaque difficulté t’enseigne une leçon qui te permet d’avancer encore plus rapidement une fois que tu l’as apprise. Tu ralentis pour mieux accélérer. Garder cette perspective en tête te permet d’attaquer chaque obstacle avec plus d’ardeur et de volonté et de mieux rebondir face à l’adversité.

En prenant le temps d’apprendre la leçon qui t’es enseignée, une épreuve va te donner une rétroaction directe sur ce que tu dois améliorer pour avancer. En te laissant submerger par des émotions de découragement et de frustration, tu ralentis un peu et tu prends un peu plus de temps pour tirer la leçon.

Rappelle-toi tes succès et épreuves antérieurs, et de quelle façon ils t’ont fait devenir qui tu es. Sache que tu grandis chaque jour, et sans les difficultés et les victoires vécues tu ne serais pas qui tu es aujourd’hui. Avec le recul, on découvre très souvent de beaux dénouements à des situations qui nous semblaient catastrophiques et sans issue.

Transforme l’épreuve en opportunité

Une fois qu’on s’est permis de faire le deuil et de ressentir les émotions déplaisantes, et après avoir identifié nos bons coups et tiré les leçons appropriées, il est maintenant temps de regarder devant. Tu arriveras à tourner la page lorsque tu auras de nouveaux défis à relever qui te stimulent et qui suscitent de la joie et de l’enthousiasme.

Comment pourrais-tu tirer le maximum de la situation qui se présente à toi? Comment pourrais-tu la tourner à ton avantage? Quels objectifs pourrais-tu te donner pour la suite? Quels défis as-tu envie de relever? Il est temps de devenir créatif, et créateur de ta vie!

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Deviens résilient

La résilience est définie par la relation entre la force des émotions ressenties et le temps requis pour revenir au calme. Plus on devient serein rapidement après une épreuve difficile, plus on est résilient. Un des outils les plus puissants pour augmenter la résilience est la capacité d’identifier nos pensées et nos émotions sans s’impliquer avec elles en se jugeant, ou en se critiquant sévèrement. Lorsqu’on laisse entrer le jugement et la critique dans notre introspection, cela fait surgir de nouvelles émotions et on initie alors un cycle émotionnel qui s’amplifie au lieu de nous conduire vers la paix et la sérénité. Si tu vis présentement ce défi de te relever après avoir été retranché, alors rappelle-toi les règles de l’autocompassion : sois conscient, sois bienveillant et sache que tu n’es jamais seul.
Unlike self-criticism, which asks if you’re good enough, self compassion asks what’s good for you?-Kristin Neff
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