Être résilient, c’est savoir rebondir rapidement face à l’adversité, aux erreurs et à la défaite. La base de la résilience réside dans le niveau de contrôle que tu te donnes par rapport à une situation.

Si tu sens que tu as du contrôle, tu vas faire ce qu’il faut pour te relever et le résultat dépend de toi.

Si tu sens que tu n’as pas de contrôle, tu vas fort probablement te relever, mais ça pourrait être beaucoup plus long et tu n’auras pas l’impression que tu as joué un rôle déterminant dans la bataille.

Comment peux-tu prendre le contrôle de ta performance?

Le Dr Martin Seligman, psychologue et auteur de plusieurs livres dont Learned Optimism, enseigne que ton niveau de résilience dépend de ton style explicatif, i.e. « la manière dont tu expliques pourquoi les événements se produisent » (Seligman, 1990).1

3 points de vue à adopter pour prendre le contrôle

1. Moi vs Pas moi

Si tu utilises l’approche « Moi » pour expliquer une situation, alors quand tu fais une erreur, tu as tendance à te dire automatiquement, par réflexe, que c’est ta faute. Que c’est toi qui a causé le problème.

Si tu utilises l’approche « Pas moi » pour expliquer une situation, alors quand tu fais une erreur, tu as tendance à te dire naturellement que c’est les circonstances ou quelqu’un d’autre qui a causé le problème.

2. Toujours vs Parfois

Si tu utilises l’approche « Toujours », alors quand tu fais une erreur, tu as tendance à te dire automatiquement, par réflexe, que tu répètes toujours cette erreur, que tu n’arrives pas à changer les choses et que ça ne va jamais s’améliorer. Tu rends cette erreur permanente.

Si tu utilises l’approche « Parfois », alors quand tu fais une erreur, tu as tendance à te dire naturellement que cette fois-ci c’est arrivé pour une raison X mais que les circonstances étaient exceptionnelles. C’est ponctuel et ça n’arrive pas tout le temps.

3. Tout vs Pas tout

Si tu utilises l’approche « Tout », alors quand tu fais une erreur, tu as tendance à te dire automatiquement, par réflexe, que cette erreur fait de toi un athlète qui a moins de talent, ça diminue ta valeur globale. Tu généralises l’impact de ton erreur, elle affecte d’autres sphères de ton sport et même parfois de ta vie.

Si tu utilises l’approche « Pas tout », alors tu as tendance à te dire naturellement que, malgré cette erreur, tu as plusieurs autres atouts. Les autres sphères de ton jeu et de ta vie ne sont pas affectées par cette erreur.

Un exemple

Imagine que tu fais une erreur d’exécution technique :

  • en sport d’équipe, ça pourrait être un lancer qui n’atteint pas sa cible et qui crée un revirement;
  • en sport individuel, ton erreur d’exécution entraîne une chute durant ta compétition.

Si ton approche est de type «Moi, toujours, tout», alors tu pourrais te dire “Je ne suis pas assez bon, je savais que je n’aurais pas dû faire cette action, c’est ma faute (moi). Chaque fois que j’essaie de le faire dans un moment important c’est la même chose qui se produit, je n’y arriverai jamais (toujours). En plus, mon entraîneur va perdre confiance en moi et tout le monde va penser que je suis nul (tout).”

Si ton approche est de type «Pas moi, parfois, pas tout», alors tu pourrais te dire “J’ai fait cette erreur parce qu’on m’a dit quelque chose qui m’a déstabilisé avant ma performance (pas moi). Je n’étais pas prêt à faire face à cette situation, mais cela va changer car maintenant je sais quoi faire (parfois). Cette erreur ne fait pas de moi un athlète moins performant car j’ai d’autres atouts majeurs et je vais les utiliser dès maintenant (pas tout).”

Pour des raisons évidentes, des études ont démontré que les athlètes qui utilisent le style explicatif «Pas moi, parfois, pas tout» sont les plus optimistes et arrivent à rebondir plus rapidement face aux obstacles.

Il est possible que tu utilises le style explicatif «Moi, toujours, tout» dans une sphère de ta vie – par exemple dans ta vie amoureuse – mais que tu utilises le style «Pas moi, parfois, pas tout» dans ta vie d’athlète. Et vice-versa.

Mon expérience personnelle

Comme athlète, lorsque je faisais une erreur, j’avais une tendance très «Moi, toujours, tout». Plus j’ai compris les bases de mon sport, plus j’ai appris à expliquer mes erreurs de façon plus rationnelle et spécifique. Dans l’ultimate, au lieu de me dire “j’ai raté mon lancer, j’étais trop stressée, je n’arriverai jamais à être calme dans un match important, c’est trop difficile pour moi”, j’ai commencé à me dire “dans cette situation précise, quand je suis près de la zone des buts et qu’il y a plusieurs options devant moi, ce n’est pas mon rôle de lancer devant. Je dois apprendre à redonner le disque à ceux qui ont cette responsabilité. Ma force, c’est ma vitesse et mon explosivité et c’est de cette façon que je fais progresser le jeu.”

Ceux qui rebondissent rapidement sont capable d’expliquer la cause de leur erreur, de la défaite ou des obstacles qui surgissent. Même si, au bout du compte, ça relève toujours de toi, si tu trouves la cause externe tu trouveras ensuite un moyen pour agir. C’est facile de dire que c’est toi le problème et de généraliser, mais si tu es capable d’expliquer précisément sur quoi tu peux travailler pour avancer, tu deviens plus optimiste et en contrôle.

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En conclusion

Alors qu’une approche «Moi, toujours, tout» peut causer des problèmes, l’utilisation d’un style «Pas moi, parfois, pas tout» peut également être malsaine. Parce que parfois, c’est réellement ta faute. Donc, la clé n’est pas de porter des lunettes roses tout le temps, mais d’être ce que Seligman appelle un «optimiste flexible». Cela signifie voir le monde avec réalisme et précision pour utiliser le bon style explicatif au bon moment.

“If you don’t like something change it; if you can’t change it, change the way you think about it” – Mary Engelbreit

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Notes de bas de page

  1. Building Your Resiliency: A Guide to Bouncing Back from Life’s Challenges and Taking on the World

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